Extrait du manuscrit "un sapeur-pompier"
Courage et dévouement (version 4)
A la fin des années 1950, cette devise représente, à mon avis, l'état d'esprit des Sapeurs-Pompiers Communaux. En effet, souvent de Père en Fils et Filles, de préférence dans une organisation comme comme un Corps de Sapeurs-Pompiers, des citoyens d'un village sont volontaires pour venir en aide aux habitants impliqués par un danger (incendie notamment).
Le Chef de Corps des Sapeurs-Pompiers de mon Village (chef-lieu de canton), qui souhaite incorporer des jeunes avant leur service militaire, obtient l'autorisation de mon Père (déjà sapeur-pompier) pour que je participe, le 13 juillet 1957, à l'occasion des Fêtes du 14 juillet, à la retraite aux flambeaux au sein des Sapeurs-Pompiers. Pour l'occasion, une tenue de sapeurs-pompiers a été confectionnée et me voilà, casque sur la tête, un flambeau en main, défilant dans les rues du Village, avec le cortège de Concitoyens porteurs de lampions.
Accepté par l'ensemble des Sapeurs-Pompiers du Village, je signe un contrat d'engagement pour servir comme "cadet sapeur-pompier" (le plus jeune) sous la tutelle de mon Père.
Le matériel, entretenu par le Sergent mécanicien et le Caporal mécanicien, est composé, principalement, de deux motopompes (une ancienne et une plus récente) remisées dans un petit bâtiment dit "local incendie". Nous disposons, pour la manoeuvre, d'une tour d'exercices située à proximité de notre maison.
En cas d'alerte (avertissement d'incendie) transmise par l'une des cloches de l'Eglise (tocsin) ou par la sirène de la Protection Civile installée sur la Mairie, chaque Sapeur-Pompier disponible doit se rendre dans le local incendie. Après les consignes données par le Chef présent, par escouade, au moyen de la traverse, chaque motopompe et traînée à bras d'hommes vers le lieu du danger déclaré (adresse récupérée par une personne dédiée et communiquée au détachement des Sapeurs-Pompiers).
L'intérêt de remiser le matériel d'incendie au centre du Village permet de "marcher au feu" (expression pour dire "intervention" ou "décaler" chez les Professionnels) dans des conditions acceptables (distance à parcourir inférieure à 3 km).
Sur place, avec courage et dévouement, la lutte contre le danger et effectuée d'après les manoeuvres réalisées chaque mois et surtout d'après l'effectif présent. Des renforts peuvent être demandés auprès des Corps de Sapeurs-Pompiers voisins.
Au début des années 1960, après initiative du Chef de Corps des Sapeurs-Pompiers et sur impulsion du Maire, la camionnette des Cantonniers est équipée pour tracter chaque motopompe du local incendie vers les lieux du danger (incendie notamment). Des Cantonniers, présents la journée dans le Village, sont rapidement incorporés comme Sapeurs-Pompiers.
Chaque mois, un dimanche matin, nous devons nous réunir au local incendie et, après l'appel des Sapeurs-Pompiers présents (feuille de présence donnée au Maire), le Chef de Corps donne le ton de la manoeuvre, à savoir :
- vérification du matériel ;
- démarrage du moteur de chaque motopompe ;
- exercices, sur la tour "ad hoc", de sauvetages et d'établissements de tuyaux et de lances à incendie (établissements "à sec" l'hiver ou "avec mise en eau" les autres saisons).
Après le rangement du matériel, la fin de la manoeuvre donne le départ pour la vérification des bouches d'incendie prévues au tableau de service. Il faut voir ce spectacle, par équipe de deux Sapeurs-Pompiers chevauchant leur bicyclette, avec les clés de fontainiers, effectuant la tournée des prises d'incendie et autres points d'eau. Un peu avant midi, chaque Sapeur-Pompier se donne rendez-vous dans un Café du Village pour déposer les clés de fontainiers, rendre-compte de la vérification, prendre les dernières consignes du Chef de Corps et "boire le verre" de la cohésion sociale.
Des entraînements au parcours sportif du sapeur-pompier (exercices adaptés aux soldats du feu) sont organisés pour préparer des Sapeurs-Pompiers Volontaires et volontaires pour participer, chaque année, au concours départemental.
Malgré mon jeune âge, je participe, suivant mes disponibilités, à toutes les interventions. Je me rappelle, toutefois, d'un incident lors d'une intervention. Prévenus par le propriétaire d'une ferme qu'un bâtiment était en feu dans un village voisin (ferme située à proximité des limites de notre Village), après l'alerte via la sirène de la Mairie, nous "marchons au feu" et une lance à incendie, alimentée par la seule bouche d'incendie présente, et mise en action. Je passe les détails des discussions (petite guerre des Centres de Secours à l'encontre de nos Corps de Sapeurs-Pompiers "dits de première intervention") mais nous avons été obligé de démonter nos tuyaux et lance à incendie pour laisser la place au centre de secours chargé du secteur d'intervention.
Il me faut souligner notre participation (Sapeurs-Pompiers), avec les Musiciens de l'Harmonie Municipale, à tous les évènements organisés par la Mairie (défilés, commémorations...). Nous avons acheté des sifflets pour seconder des Gendarmes lors de manifestations sportives (courses cyclistes...). Sous la direction des Gendarmes, des Sapeurs-Pompiers du Village sont chargés de sécuriser le parcours des sportifs. Ils nous arrivent, aussi, de fournir un "piquet d'incendie" lors de séances festives ou culturelles à la Salle des Fêtes du Village ou en plein air (feux de la Saint-Jean...).
Comme mon Père est le Trésorier de l'Amicale, le Chef de Corps me nomme secrétaire de l'Amicale des Sapeurs-Pompiers de mon Village.
Chaque année, nous achetons à l'Entreprise France Sélection à Paris des calendriers qui seront offerts (la formule utilisée) aux Habitants du Village. Au mois de décembre, avant Noël, plusieurs fois par semaine, le soir, des Sapeurs-Pompiers viennent retirer des calendriers auprès du Trésorier de l'Amicale et deux par deux font du porte à porte pour offrir le calendrier des Sapeurs-Pompiers (calendrier représentatif de Sapeurs-Pompiers de la Ville). Pour beaucoup d'Habitants, l'habitude est de proposer le verre d'amitié et un peu d'argent pour la caisse de l'Amicale. Pour les Personnes âgées ou démunies, le calendrier est offert. Des conseils de prévention contre l'incendie sont prodigués à la demande de certains Habitants. Après chaque "tournée des calendriers", les Sapeurs-Pompiers concernés viennent, de nouveau, auprès du Trésorier déposer l'argent de la vente des calendriers et, après vérifications, un état des recettes (dons) est dressé.
L'argent des calendriers est utilisé comme caisse de secours pour les Familles des Sapeurs-Pompiers ainsi que la fourniture de plaques funéraires lors du décès d'un Ancien Sapeur-Pompier. De plus, une partie de l'argent est utilisé pour le Banquet solennel donné chaque fin d'année à l'occasion de la Fête de Sainte-Barbe (Patronne des canonniers et des sapeurs-pompiers). Comme de nombreux Sapeurs-Pompiers sont aussi Musiciens à l'Harmonie Municipale, nous regroupons les deux Banquets (Sainte-Barbe et Sainte-Cécile) auxquels sont conviés des Personnalités du chef-lieu de canton.
Enfin, un Bal des Sapeurs-Pompiers est organisé, chaque année, du 31 décembre au soir jusqu'au 1er janvier au petit matin, dans la Salle des Fêtes du Village. Ce Bal nécessite un travail important de préparation de la Salle des Fêtes et, malgré la vente des billets d'entrée et la recette de la buvette, nous ne retirons aucun bénéfice pour l'Amicale car les frais principaux sont engloutis pour la rétribution d'un Orchestre renommé dans la Région Picarde.
Notre Maire (un Géomètre-expert) et notre Chef de Corps (un Cadre d'Entreprise) vont mettre en oeuvre leurs efforts communs pour promouvoir le "SECOURISME". En 1962, le Maire, sur proposition du Chef de Corps, désigne l'Adjoint au Chef de Corps et me désigne aussi pour effectuer un stage résidentiel de "Moniteur de secourisme" organisé par les Sapeurs-Pompiers du Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) à AMIENS (Instructeur : Monsieur SORLIN, Officier de Sapeurs-Pompiers du SDIS de la Somme - 80).
Le 8 juin 1962, le Ministre de l'Intérieur me délivre, via le maire de mon Village, le Brevet n° 24 de Moniteur de secourisme de la Protection Civile qui me permet d'animer avec l'Adjoint au Chef de Corps des formations de Secouristes, notamment chez les Sapeurs-Pompiers Communaux.
A mon retour du stage de moniteur de secourisme, sur conseil de notre Instructeur, je demande, via mes Parents et le Chef de Corps des Sapeurs-Pompiers de mon Village, à servir chez les Pompiers de Paris. Le 28 juin 1962, le Colonel BESSON, Commandant le Régiment de Sapeurs-Pompiers, par lettre n° 3599-62/EM/1/R m'indique la marche à suivre pour servir au Régiment.
En fin d'année 1962, lors du Banquet, le Maire me remet officiellement mon brevet de moniteur de secourisme ainsi que le diplôme du parcours sportif du sapeur-pompier.
Quel bonheur de vivre ces moments de vie d'un Village.
( à suivre )